
Le repos après garde n'est jamais oublié au moment de construire le planning. Il saute plus tard, quand un échange, un arrêt ou un remplacement décale une ligne que personne ne recontrôle. Voici la méthode pour qu'il tienne du premier jour du mois au dernier.
Si vous êtes chef de service, cadre ou membre d'une cellule planning, vous connaissez déjà la règle : après une garde, un praticien a droit à un repos minimum, et son temps de travail est plafonné sur la semaine, le mois et l'année. Ce n'est pas un sujet de discussion. Ce qui pose problème, ce n'est pas la règle : c'est de la tenir dans un service vivant, où le planning publié le 25 du mois n'a plus grand-chose à voir avec la réalité du 15 suivant.
Cet article n'est pas un cours de droit. Les seuils exacts dépendent du statut de chaque professionnel et de la convention applicable à votre établissement, et c'est précisément pour ça qu'ils doivent se paramétrer plutôt que se mémoriser. Ce qui suit est une méthode opérationnelle.
Ramenée à ce qu'un outil de planning doit savoir faire, l'obligation se résume à deux familles de contraintes :
À cela s'ajoute une troisième dimension, souvent traitée comme un détail d'organisation alors qu'elle est réglementaire : l'encadrement des juniors. Un interne ou un FFI n'est pas soumis aux mêmes obligations qu'un senior, et son planning doit refléter cette différence.
Un planning initial conforme, ça se fait. Personne ne publie sciemment un tableau qui enchaîne deux gardes sans repos. Le problème arrive après, par trois canaux.
Les échanges entre praticiens. Deux collègues s'arrangent, chacun regarde sa propre ligne, aucun des deux ne regarde le repos que l'échange écrase chez l'autre. L'échange est de bonne foi, la conséquence ne l'est pas moins — elle est simplement invisible.
Les arrêts maladie. Le remplaçant trouvé en urgence est celui qui est joignable, pas celui qui est éligible. À 16 h un vendredi, personne ne recalcule un cumul d'heures annuel avant de dire oui.
Les remplacements et renforts. Quand un renfort couvre plusieurs lignes ou plusieurs services, son compteur d'heures est éclaté entre des tableaux qui ne se parlent pas. C'est le mécanisme classique du dépassement invisible, et c'est le même que celui décrit dans notre article sur le tableau de garde PDF déjà faux quand vous le recevez.
Le point commun des trois : la conformité est vérifiée une fois, à la publication, alors que le planning, lui, continue de bouger.
Tant que la règle vit dans la tête du cadre qui fait le planning, elle disparaît le jour où il est en congés. Commencez par la formaliser noir sur blanc : quel repos après quel type de garde, quel plafond sur quel horizon, pour quelle catégorie de personnel. Une page suffit. C'est ce document qui deviendra le paramétrage de l'outil, et c'est aussi lui qui vous servira de référence en cas de contestation.
C'est l'étape que la plupart des services sautent, et c'est celle qui change tout. Toutes vos règles ne se valent pas. Le repos légal n'est pas négociable ; « pas plus de deux nuits d'affilée » l'est sous contrainte ; « Untel préfère le mardi » ne l'est presque pas du tout. Si vous mettez ces trois règles au même niveau, votre planning devient infaisable pour de mauvaises raisons — et la tentation sera de tout assouplir, y compris ce qui ne doit jamais l'être.
Une règle unique appliquée à tout le monde est soit trop laxiste pour les juniors, soit trop rigide pour les seniors. Constituez des groupes (seniors, juniors, internes, situations particulières) et attachez les règles à ces groupes plutôt qu'aux individus. Vous gagnez surtout à l'entrée d'un nouvel arrivant : vous le rangez dans un groupe, il hérite de ses règles.
Un planning n'est pas conforme, il reste conforme. Chaque échange, chaque remplacement, chaque arrêt doit repasser par le même filtre que la génération initiale. C'est le seul point de la méthode qui demande un outil : à la main, ce recontrôle permanent n'est pas tenable.
SuperPagr traduit chaque règle en contrainte du solveur, avec quatre niveaux de sévérité qui correspondent exactement à l'étape 2 de la méthode.
| Niveau | Nom | Relaxable | Exemples |
|---|---|---|---|
| 0 | Légale | Non | Repos minimum après une garde, plafond d'heures (semaine, mois, année) |
| 1 | Forte (hard) | Oui, en dernier recours | Espacement minimal entre gardes, nombre maximal de gardes consécutives |
| 2 | Souple (soft) | Oui | Équité de répartition, préférences de rotation |
| 3 | Préférence | Oui | Souhaits individuels, confort d'organisation |
Le niveau 0 n'est jamais violé, même si le planning devient infaisable. C'est volontaire : mieux vaut un planning incomplet qu'un planning illégal. Quand aucune solution n'existe, le moteur assouplit d'abord les règles de niveau 1, jamais les règles légales, et vous rend un rapport qui identifie le sous-ensemble minimal de règles en conflit.
Pour l'étape 3, les règles s'attachent à des groupes :
Et chaque règle a une portée ajustable : tout le monde, un groupe défini, ou une personne précise. Vous n'avez pas à choisir entre une politique uniforme et une gestion au cas par cas — les deux cohabitent dans le même planning. L'éligibilité d'une garde peut aussi être restreinte à certains grades médicaux (PU-PH, PH, interne, externe). Le détail complet est sur la page gestion des contraintes légales.
Vous voulez voir ce que ça donne sur vos propres règles ? Créez un compte gratuit et paramétrez un repos et un plafond sur une semaine type : c'est la manière la plus rapide de mesurer l'écart avec votre organisation actuelle.
À passer une fois par mois, avant publication puis à mi-parcours :
Si cette checklist vous prend plus d'une heure, ce n'est pas la checklist qui est trop longue : c'est que le contrôle est encore manuel. Le même raisonnement s'applique au tableur, et nous l'avons détaillé dans SuperPagr VS Excel.
Article rédigé par Hector pour SuperPagr — 26/05/2026 — contraintes légales repos après garde.